Nous en avons tous des tics de langage, des “du coup”, “en fait”, “voilà”, “genre”, “quoi”, “ok”, “tu vois”…
Ils se glissent dans nos phrases sans qu’on les invite. Ils rythment nos discours… et parfois les alourdissent.
Mais qu’est-ce qu’un tic de langage exactement ?
Pourquoi apparaissent-ils ?
Que révèlent-ils de nous ?
Et surtout : comment les corriger sans perdre en naturel ?
Qu’est-ce qu’un tic de langage ?
Tout d’abord, Un tic de langage est un mot ou une expression répété de manière automatique et involontaire, sans réelle valeur informative.
Il ne sert ni à enrichir le message ni à le clarifier. Il agit comme un réflexe verbal.
Exemples courants : du coup, en fait, voilà, genre, en gros, tu vois, quoi, bah, euh, …
Le problème n’est pas le mot en lui-même, c’est sa répétition excessive. Un “du coup” bien placé est fluide alors qu’un “du coup” toutes les deux phrases affaiblit l’impact.
L’impact des tics de langage
Ils affaiblissent la crédibilité
Dans un contexte professionnel (réunion, formation, négociation, entretien), les tics donnent une impression d’hésitation, de manque de maîtrise, de nervosité, voire d’amateurisme
Ils créent du bruit dans le message.
Les tics de langage fatiguent l’auditoire
Ensuite, un tic répété devient rapidement perceptible. Une fois que l’auditeur l’a repéré… il ne l’entend plus que ça.
Le fond passe au second plan !
Ils trahissent une insécurité
Très souvent, le tic de langage est un remplissage. Il sert à combler un vide, et ce vide, c’est le silence.
D’où viennent les tics de langage ?
Les tics ont plusieurs origines :
1. Le besoin de gagner du temps
Le cerveau cherche ses mots. Pour éviter le silence, il insère un mot automatique. C’est un “temps de chargement verbal”.
2. Le stress ou la pression
Plus l’enjeu est fort, plus les tics apparaissent. Ils jouent un rôle d’auto-apaisement.
3. L’imitation sociale
Les tics sont contagieux. Dans une équipe, un groupe d’amis ou un environnement professionnel, certains mots deviennent dominants.
On les adopte inconsciemment pour s’intégrer.
4. Le manque d’entraînement à l’oral
Nous apprenons à écrire. Très peu à parler avec intention. La parole spontanée favorise les automatismes.
Ce que les tics de langage cachent
Un tic n’est jamais anodin. Il peut révéler :
- Une peur du silence
- Une peur du jugement
- Un besoin d’approbation (“tu vois”, “ok ?”)
- Un manque de clarté intérieure
- Un manque de préparation
- Une insécurité statutaire
Le silence, en communication, est perçu comme dangereux.
Alors que dans la réalité, il est puissant.
Un silence maîtrisé renforce la présence.
Un tic répété la fragilise.
Comment corriger ses tics de langage ?
Tout d’abord, comme nous l’avons déjà aborder dans un article précédent, il faut en prendre conscience. D’ailleurs, c’est la première chose que les apprenants relèvent qu’ils écoutent leurs enregistrements avec CathyA.
La mauvaise méthode serait de se forcer à “ne plus jamais dire du coup”.
La bonne méthode : remplacer le tic par quelque chose de plus puissant.
Étape 1 : Prendre conscience
Tout d’abord, comme nous l’avons déjà aborder dans un article précédent, il faut en prendre conscience. D’ailleurs, c’est la première chose que les apprenants relèvent qu’ils écoutent leurs enregistrements avec CathyA.
La prise de conscience est souvent brutale… mais salvatrice.
Étape 2 : Apprivoiser le silence
Remplacez le tic par une respiration.
Au lieu de : “du coup… euh… on pourrait…”
Testez : (silence de 2 secondes) “Nous avons deux options.”
Le silence donne du poids.
Autre solution, demandez à quelqu’un de proche de répéter à voix haute dès qu’il l’entend dans votre bouche. Faites le perroquet. vous allez voir ça va vite l’agacer et le faire progresser.
Étape 3 : Structurer sa pensée
Les tics diminuent quand la pensée est structurée.
Utilisez des structures simples :
- “Premièrement… Deuxièmement…”
- “Le problème est… La solution est…”
- “Le contexte… L’enjeu… La décision…”
Plus votre discours est clair dans votre tête, moins votre bouche cherche à combler.
Étape 4 : Travailler la posture intérieure
Beaucoup de tics sont liés à l’insécurité. Quand la posture statutaire est alignée :
- La voix ralentit
- Les silences s’installent
- Les mots deviennent choisis
La sécurité intérieure réduit les automatismes.
Faut-il supprimer tous ses tics de langage ?
Non.
L’objectif n’est pas d’être robotique. L’objectif est d’être intentionnel. Un langage vivant est humain. Il ne s’agit pas de perfection mais de maîtrise.
Conclusion
Les tics de langage ne sont pas des défauts. Ce sont des indicateurs.
Ils révèlent notre :
- rapport au silence
- niveau de préparation
- gestion du stress
- posture intérieure
Les corriger, ce n’est pas devenir artificiel. C’est gagner en impact, en clarté et en présence, et dans un monde professionnel où la communication est un levier stratégique… Chaque mot compte !









