On a tous nos tics de langage, ces « du coup », « en fait », « voilà », « genre », « quoi », « ok », « tu vois »…
Ils arrivent dans nos phrases sans qu’on y pense, ils donnent un certain rythme à ce qu’on dit, mais parfois, ils rendent le tout un peu lourd.
Mais au fond, qu’est-ce qu’un tic de langage précisément ? Pourquoi est-ce qu’ils apparaissent ? Qu’est-ce qu’ils peuvent dire de nous ? Et surtout, comment faire pour les corriger sans que ça sonne faux ?
Qu’est-ce qu’un tic de langage ?
Pour commencer, un tic de langage, c’est un mot ou une expression que l’on répète sans s’en rendre compte, de façon automatique, et qui n’apporte pas vraiment d’information nouvelle. Malheureusement ça ne rend pas le message plus riche ou plus clair, bien au contraire. Il s’agit plutôt comme un réflexe quand on parle.
Par exemple quand on entend souvent : « du coup », « en fait », « voilà », « genre », « en gros », « tu vois », « quoi », « bah », « euh »…
En fait, le souci, ce n’est pas le mot lui-même, mais plutôt de le répéter trop souvent. Un « du coup » dit au bon moment peut passer inaperçu, mais si on l’entend toutes les deux phrases, ça perd de sa force.
Ce que les tics de langage provoquent
Les tics de langage nuisent à votre crédibilité

Dans un cadre pro, que ce soit en réunion, en formation, pour négocier ou lors d’un entretien, ces tics peuvent donner l’impression qu’on hésite, qu’on ne maîtrise pas bien son sujet, qu’on est nerveux, ou même qu’on manque un peu de professionnalisme. En clair, ils brouillent le message.
Les tics de langage peuvent aussi lasser ceux qui vous écoutent
Après un certain temps, un tic que l’on répète devient vite flagrant. Une fois que la personne qui vous écoute l’a identifié, elle n’entend plus que ça. Votre interlocuteur risque de décrocher du fond de votre message. Le message principal, lui, passe alors complètement à l’arrière-plan !
Ils sont souvent le signe d’une certaine insécurité
Très fréquemment, un tic de langage, c’est comme un bouche-trou. Il est là pour remplir un espace vide, et cet espace, c’est le silence.
Mais alors, d’où viennent vraiment les tics de langage ?
Les tics peuvent trahir plusieurs états.
Tout d’abord on a besoin de gagner du temps. Notre cerveau cherche ses mots. Alors, pour ne pas laisser un blanc, on met un mot automatique. C’est un peu comme un « temps de chargement » à l’oral.
Ensuite il ya le stress ou la pression. En effet, plus l’enjeu est important, plus les tics ont tendance à surgir. Ils servent un peu à se rassurer soi-même.
L’imitation des autres est également une raison de l’apparition de tics de langage. Les tics, ça se « transmet ». Dans une équipe, chez des amis ou dans un cadre pro, certains mots finissent par être beaucoup utilisés. On les reprend sans même s’en rendre compte, pour faire comme les autres.
Enfin, on ne s’entraîne pas assez à parler. On nous apprend à écrire, mais beaucoup moins à s’exprimer de manière pensée. Du coup, quand on parle spontanément, on a plus de chances de laisser nos automatismes prendre le dessus.
Ce que les tics de langage révèlent
Un tic n’est jamais innocent. Il peut mettre en lumière à la fois une peur du silence ou une une peur d’être jugé mais également le besoin d’être validé (« tu vois », « ok ? »). Il peut aussi traduire un manque de clarté dans ses propres idées, un manque de préparation ou une insécurité concernant son statut.
Dans la communication, le silence est souvent vu comme quelque chose de risqué. Pourtant, en réalité, c’est un outil très fort. Un silence bien géré renforce notre présence, alors qu’un tic qu’on répète la rend plus fragile.
Comment faire pour corriger ses tics de langage ?
Pour commencer, comme on l’a déjà vu dans un ancien article sur la prise de conscience, il faut d’abord en prendre conscience. C’est d’ailleurs ce que remarquent en premier les personnes qui suivent nos formations quand elles réécoutent leurs enregistrements avec CathyA.
La mauvaise approche serait de se forcer à « ne plus jamais dire du coup ». La bonne, par contre, c’est de remplacer ce tic par quelque chose qui a plus d’impact.
Étape 1 : En prendre conscience
Pour commencer, comme on l’a déjà vu dans un ancien article, il faut d’abord en prendre conscience. C’est d’ailleurs ce que remarquent en premier les personnes qui suivent nos formations quand elles réécoutent leurs enregistrements avec CathyA.
Souvent, cette prise de conscience peut être un peu rude, mais elle est très utile.
Étape 2 : Apprendre à utiliser le silence
Essayez de remplacer votre tic par une simple respiration. Plutôt que de dire : « du coup… euh… on pourrait… »
Essayez ceci : (un petit silence de deux secondes) « Nous avons deux options. » Le silence a du poids, il renforce ce que vous dites.
Une autre technique consiste à demander à une personne de votre entourage de répéter à voix haute votre tic dès qu’elle l’entend. Faites le « perroquet » en quelque sorte. Vous verrez, ça va vite l’énerver et vous faire avancer.
Étape 3 : Organiser ses idées
Moins on a de tics, quand nos pensées sont bien structurées. Servez-vous de structures simples, par exemple :
- « Premièrement… Deuxièmement… »
« Le problème, c’est… La solution, c’est… »
« Voici le contexte… L’enjeu est… La décision sera… »
Plus ce que vous voulez dire est clair dans votre esprit, moins votre bouche aura besoin de chercher des « béquilles ».
Étape 4 : Travailler sur sa confiance en soi
Beaucoup de tics viennent de l’insécurité. Lorsque l’on se sent à l’aise dans sa position, on observe que que la voix devient plus calme. Les silences apparaissent naturellement et ainsi les mots sont mieux choisis.
Être sûr de soi permet de moins tomber dans les automatismes.
Faut-il se débarrasser de tous ses tics de langage ?
Non !
Le but n’est pas de parler comme un robot. L’idée, c’est plutôt de parler avec intention. Un langage qui vit, c’est un langage humain. Il ne s’agit pas d’atteindre la perfection, mais d’avoir une bonne maîtrise.
Ce qu’il faut retenir sur les tics de langage
Les tics de langage, ce ne sont pas juste des défauts. Ce sont plutôt des signaux qui nous montrent comment on gère le silence. Il nous indique notre degré de préparation notre façon de gérer le stress et surtout notre assurance personnelle !









